THOMAS SHOEFFLER JR.

Jesus Shot Me Down
Echo Productions/PiasThomas Shoeffler JR 2015001
En 2012, Thomas Schoeffler Jr. enregistrait l’album “Daddy’s Not Going Home”. Ce premier jet bourré d’originaux (on n’y comptait que deux reprises, un trad. et un morceau d’Hank Williams) allait servir d’objet de démarchage au guitariste harmoniciste chanteur.
Depuis, cet adepte du One Man Band n’a cessé de faire ses gammes dans les petites salles du pays et le circuit des brasseurs de mousse. Preuve de son talent, l’alsacien a été programmé sur de prestigieux festivals: Cognac Blues Passion, Festival Jazz de Vienne, Blues sur Seine et le Blues Rules Crissier Festival. Ce nouvel opus, aux paroles pas toujours très festives, loin s’en faut, synthétise au mieux l’univers de l’artiste dont les influences déclarées ont pour nom : Charley Patton, RL Burnside, Hank Williams, Cash et le texan Scott H. Biram, adepte comme l’alsacien de la formule en One Man Band. La plume de Thomas Shoeffler s’avère prolifique ; hormis «(I Heard That) Lonesome Whistle», standard de Jimmie Davis et Hank Williams repris par une kyrielle de countrymen, il signe les onze autres plages de l’album. Le répertoire conjugue tour à tour country blues, hillbilly, folk alternatif bien roots, new grass et même deux cow punk sans oublier des ballades pour adoucir la sonorité. L’harmonica, principalement porté, apporte un phrasé hillbilly intéressant, la guitare acoustique en slide permet de mettre en place un chant profond et parfaitement crédible. Formé au circuit des bars, Thomas Schoeffler Jr. réussit à mettre de l’émotion et de l’intensité à ses morceaux qui montent souvent crescendo.
Parmi les titres, mention particulière à « Jesus Shot Me Down » qui lance l’attelage et donne son titre à l’album, « Some Days » qui pourrait intégrer la BO du film «Jeremiah Johnson », « At The Mill » que ne renierait pas le Reverend Peyton Band, « My Rope» avec un excellent passage d’harmo, «Sick and Die» un country blues qu’on croirait sortir du fin fond de l’Alabama (Willie King), le new grass «I Did Run», «Lonesome Whistle» ballade mélangeant train et prisoner song et « I Dug a Hole » pour la slide et la distorsion. Histoire de ne pas paraitre trop partisan, «Home», le dernier titre aurait peut être mérité d’être raccourci. Avec sa chemise à carreaux, de bon petit péquenaud, cet artiste nous semble capable de jouer en première partie de n’importe quelle vedette américaine. Une Heureuse confirmation. A ranger entre Patton, Hank Williams, Dylan et Jake Calypso.
Le Kingbee

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