RONNIE EARL AND THE BROADCASTERS

JUST FOR TODAY
STONY PLAIN RECORDSRONNIE EARL AND THE BROADCASTERS JUST FOR TODAY

Ronnie Earl, de son véritable nom Ronald Horvath, fait partie de ces guitaristes de blues au style intemporel, qui naviguent entre Blues et Jazz et qui connaissent actuellement un grand succès auprès de la critique, et aussi auprès d’un large public. Pourtant, la carrière de ce musicien accompli n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. En 1979, après avoir remplacé avec talent Duke Robillard au sein de Roomfull Of Blues, il intègre en 1988 Les Broadcasters et se forge une belle renommée. En 1990, il est sévèrement touché par des problèmes d’alcool et de drogue. Il réagit en modifiant la composition du groupe pour une formation plus jazzy. Le batteur Per Hanson rescapé de la formation initiale est rejoint par deux pointures du Blues Jazz : Rod Carrey à la basse et Bruce Katz aux claviers, nous retrouvons ce dernier sur cet album live « Just For Today ». Ces enregistrements en public, produits par le label Stony Plain sont des prises issues de différentes scènes et sont de ce fait mixées avec précision, ce qui apporte une cohérence agréable à l’ensemble. Cet album est intéressant, il est à la fois le reflet de la période faste qu’a connu Ronnie en 1997 avec la sortie acclamée de «The Colors Of Love», mais aussi avec des parties plus personnelles et intimistes issues de périodes plus difficiles de sa vie. Il s’agit ici presque exclusivement d’instrumentaux, tout en nuance, absent de toutes démonstrations guitaristiques inutiles, malgré une maîtrise technique évidente Earl y préfère ici la subtilité et la sobriété. A l’écoute de l’album on ne peut que lui donner raison : que les rythmes soit lents ou plus énergiques, les treize titres du CD s’enchaînent avec pour fil conducteur toujours ce même feeling, cette même communion palpable avec les spectateurs.
Du rapide et envoûtant « Big Train » à la guitare qui n’est pas sans rappeler un certain Steve Ray Vaughan, au lent et ciselé « Heart Of Glass » en passant par « Jukein » à la rythmique à la précision d’horloge, tout ici retranscrit l’émulation de la scène. On sent bien que Ronnie Earl joue en parfaite harmonie avec des musiciens qu’il connaît de longue date et qui ont une grande expérience du jeu en public. Cette impression se confirme sur « Vernice’s Boogie » où le piano bastringue de Dave Limina, la batterie de Lorne Entress et la guitare d’Earl nous entrainent dans un tourbillon rétro. A noter également la prestation au swing impeccable du bassiste Jim Mouradian sur « Blues For Hubert Sumlin ». Seule partie chantée de ces enregistrements « I’d Rather Go Blind » nous charme, tant la voix très soul de Diane Blue sait se faire poignante.
L’album se clôture sur le beau final doux et lent «Pastorale», style dans lequel Earl excelle. Il s’agit sans conteste d’un bel album, témoignage de la vie d’un véritable artiste du blues et du Jazz. Il a depuis longtemps laissé tomber les artifices et le clinquant pour se concentrer sur l’essentiel, pour le plus grand bonheur de nos oreilles! Ronnie Earl est assurément un guitariste à suivre.
Christophe Aïoun

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