NICK CURRAN

1977 – 2012
du blues lover au punk rock
musicien prodige et tourmenté

Nick CurranNick Curran est né à Biddeford, Maine, Etats-Unis le 30 septembre 1977. C’est à Portland que Nick Curran grandi. A 15 ans, Nick rejoint le groupe de son paternel, Mike Curran & the Tremors. Trois ans plus tard, il s’associe au rockabilly band King Memphis, puis fait la connaissance de Ronnie Dawson,blonde bomber, une légende du rockabilly avec laquelle il tournera pendant des mois. Suite à cela, c’est avec une flamboyante rousse Texane, Kim Lenz, adepte elle aussi du Rockabilly. Fort impressionnée, elle lui proposera de se joindre à son groupe The Jaguars. Il y restera 2 ans et apparaît même sur album «One and Only» que Kim Lenz sorti 1999. Il migre vers Dallas et tourne avec Wayne Hancock, une retro-country star. A Dallas, rencontre avec Hash Brown qui le présentera au gratin du blues local. Il fonde alors les Nitelifes, avec Paul Klemperer Saxophone; Preston Hubbard basse et Damien Llanes batterie. L’an 2000 voit la parution de son premier album : « Fixin’ Your Head » (Texas Jamboree). Auprès de lui on retrouve : Jim Trimmier, TD « Murph » Motycka (saxophone); Matt Farrell (piano); Eric Matthew Przygocki (bass); Lisa Pankratz (drums) tous sont bons. Ils forment un soutien homogène, autour du leader charismatique incontesté, et réellement convaincant Nick, en véritable virtuose, affiche ostensiblement ses influences, de T-Bone Walker à Johnny «Guitar» Watson, en passant par le rhythm and blues de Louis Jordan. Dans le genre swingueur ébouriffé, des westcoasteurs contemporains, Nick Curran, s’impose d’ambler, comme une valeur sûre. Sur ce premier album, une majorité de morceaux originaux émaillent les 13 plages du disque. Quelques reprises épatantes « Just Love Me Baby » de Roscoe Gordon, « Good Rockin’ Man », « Get Rich Quick » de Leonard Feather, pour ne citer que les plus importantes. Nick Curran semble être tombé dans le tourbillon du blues swing, très jeune. Qui s’en plaindrait ? Devant ce déploiement musical débridé. L’assurance, l’aisance, donnent à ce premier album, le cachet d’un professionnalisme exemplaire. Les compositions, enlevées, sont surprenantes. « She’s Mine », « Boogie With My Baby », « Straighters Up », « Loose Lip Mama »… tout est à l’avenant. Musique absolument juteuse de swing, ce swing qui est l’âme, tant du jump que du west coast. La voix de Nick Curran possède le « grain » suffisant, la guitare sonne à la manière des plus grands du genre. Nick Curran détient toutes les ficelles, pour amorcer une carrière qui s’annonce déjà prometteuse. Guitariste et chanteur confirmés, ces qualités devraient lui ouvrir les portes de la reconnaissance…
2001 paraît « Nitelife Boogie » (Texas Jamboree). L’enregistrement terminé, Nick Curran décide de s’installer à Austin en pensant y trouver un plus large panel de musiciens talentueux, et les trouve, et l’un d’entre eux et non des moindres, ce nomme Jimmie Vaughan, qui l’invite un soir à le rejoindre sur scène du Antone’s. Jimmie va être époustouflé par les qualités guitaristique de Nick Curran et le citera même dans une interview, comme l’un de ses jeunes musiciens préférés. Alors, Quand Nick enregistra son troisième album, Jimmie le rejoindra en studio pour deux titres. En 2002 il collabore aux albums de Annita « What Good Il It Do Me », Jeffrey P. Ross « My Pleasure » et de Junior Watson “If I Had A Genie”. C’est en 2003,q ue sort son 3éme opus “Doctor Velvet” (premier chez Blind Pig). Sur la pochette de cet opus, Nick Curran arbore des lunettes fumée en forme de Texas, une banane un bouc, une veste au col vison moucheté panthère synthétique et deux donzelles bronzées façon « water pouf » complète le tableau. Quand le pur mauvais goût esthétique est au service du meilleur de la musique. Le spectre de Screamin’ Jay Hawkins plane sur le swing de « Doctor Velvet », celui de Little Richard sur « Shot Down ». « Don’t Be Angry », Can’t Stop Lovin’ You » ou « Stompin’ At The Fort » sont dans la lignée d’un Hollywood Fats ou d’un James Harman. Des blues lents emprunts de nostalgie des années cinquante : « Please Don’t Leave Me », « She’s Gone », ou bien « One More Time » Une majorité des originaux sont co-signés par Curran lui-même. Cet album est sans fioritures ni concession, un truc à damné un saint. A la guitare Nick a un style très approchant d’un T-Bone Walker/B.B.King. La voix unique transcende tout l’album sans aucune retenue. Opus très réussi.
Durant cette même année, Nick Curran collabore sur les albums de Mike Barfield « Living Stereo » et de Marti Brom « Wine To You ! ». 2004, Nick Curran remporte le W.C. Handy Award du «meilleur nouvel artiste» ainsi qu’un trophée France Blues dans la même catégorie, pour la parution de « Doctor Velvet ». 2004 est aussi la sorti sur le label Blind Pig de son 4éme album : « Player » Qui se présente dans un style rétro blues et propose des reprises de Wynonie Harris « Down Boy Down », Little Richard « Heeby Jeebies », Little Walter « Crazy Mixed Up World », Bobby Bland’s « Honey Bee », l’original instrumental « The Groovy Jam ». Cette aussi l’année, ou Kim Wilson l’invite à rejoindre les Fabulous Thunderbirds, il y sera associé jusqu’à 2007 et apparaît sur l’album ‘Painted on’. Parallèlement aux Fab.Thunderbirds, il collabore avec Deguello et The Flahs Boys. Et finira par former les Lowlifes. Il faut attendre 2010, pour voir arrivé « Reform School Girl » (Electro Groove Records). Un album qui est l’archétype du punk rock, mais aussi du rock’n’roll dynamite !( relire la chronique paru dans le n° 21 de BCR la revue). Nick Curran aura marqué de son empreinte la musique populaire américaine, dans des styles variés, tout en gardant toujours une certaine constante et homogénéité à sa démarche musicale. Son style personnel mêle admirablement jump blues, rockabilly et même punk rock. Les cinq albums parus sous son nom qui constituent sa discographie ne contredisent pas l’œuvre d’un artiste underground, original et attachant. Une carrière courte, fulgurante, entachée d’une période dans le creux de la vague. Avec un dernier rebondissement en 2010, et le merveilleux « Reform School Girl » tant attendu, d’un artiste novateur et prometteur.
Nick Curran est décédé d’un cancer de la bouche (diagnostiqué en 2010) le 6 octobre 2012, à l’âge de 35 ans.
Jean-Paul Claveau/Arol rouchon
Article paru dans le BCR la revue n° 31

Discographie
Nick Curran And The Nitelifes « Fixin’ Your Head » (Texas Jamboree Records, 2000)
Nick Curran And The Nitelifes “Nitelife Boogie” (Texas Jamboree Records, 2001)
Nick Curran And The Nitelifes “Doctor Velvet” (Blind Pig Records, 2003)
Nick Curran And The Nitelifes “Player!” (Blind Pig Records, 2004)
Nick Curran And The Lowlifes “Reform School Girl” (Electro Groove Records, 2010)

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