LENNY LAFARGUE

BLUES HYMNS
AUTO PRODUITLENNY LAFARGUE BLUES HYMNS

Je viens de quitter un guitariste pécheur à la mouche, pour en retrouver un autre dans la foulée, celui-ci pose ses lignes du coté de Lacanau. Quand le roi du Bayou, adepte du blues nonchalant et humide du Delta de la Garonne, devenu en vingt ans, l’artisan incontesté d’un swamp blues à la française, s’en prend aux classiques du blues, un nuage d’allégresse envahit notre quotidien. Ce concentré de notes bénéfiques s’appelle: Blues Hymns. Deux anciennes compositions de Lenny « Louisiana Boogie » et « King of the Bayou » extraites de ses illustres albums précédents pour ce dernier tir. Mais le cœur de cible est la réinterprétation de dix classiques de l’idiome afro-américain. Elmore James, Howling Wolf, Willie Dixon, T Bone Walker ou Slim Harpo sont ici remis au gout du jour par le girondin. Le fameux « Hound dog » qui a fait les beaux jours d’Elvis Presley, n’a pas à rougir en version Lenny Lafargue. Cet artiste solide et solitaire, connu comme grand adepte des concerts et du live, est certes moins dans son élément en studio, mais contre vents et marées, il réussit ici une belle prouesse.
Même si, sur un morceau ou deux, sa voix chaude et puissante, perd une once d’altitude. Comme les vieilles légendes, Lenny Lafargue joue son blues à l’instinct, et l’adapte en fonction de l’atmosphère ambiante. Aucun conservatoire, aucune école, pour l’un des derniers guitaristes intemporel de l’hexagone. De la passion du cœur, du feeling et du travail suffisent à imposer son jeu. C’est ce jeu fin et rapide, très éclairé qui sent bon l’expérience, et parfois nous colle parfaitement à la godasse, quand il devient plus swamp, qui non seulement ici fait la différence, mais donne ses lettres de noblesses à cette sympathique galette. Du blues, oui, mais le blues d’un homme mur, passionné par son art et ultra convainquant. N’a-t-il pas initié sur Bordeaux des kyrielles de guitaristes aux trois accords ? L’adage: « C’est dans les vieux pots que l’on fait la bonne soupe « , prend ici tout son sens. En dix titres Lenny nous prouve une fois de plus que si le guitariste a de la bouteille et de l’expérience, meilleur le blues est.
Joel Bizon

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