JAKE CALYPSO & HIS RED HOT

DOWNTOWN MEMPHIS
ROCK PARADISE/CHICKENS RECORDS

Jake Calypso COVER FB

Tour à tour producteur, organisateur de spectacle, programmateur, animateur d’émissions radiophoniques, Jake Calypso, de son vrai nom Hervé Loison, met le feu sur les scènes françaises depuis près de trente ans. Chanteur, guitariste rythmique, Jake serait capable de faire danser n’importe quel cul de jatte et de faire tomber en transe une chorale de bonnes sœurs. Ses concerts se terminent généralement dans le plus incroyable délire. Si c’est bien sur scène qu’il donne la meilleure mesure de son talent, ce nouvel opus enregistré dans les célèbres studios Sun à Memphis aura le don de remettre les pendules à l’heure. Jake n’est pas seulement un homme de scène, il peut engendrer une certaine ferveur en studio dans un registre plus classique et plus sage. Secondé par Christophe Gillet (guitare), Thierry Sellier (batterie) et Guillaume Durieux (contrebasse) présents sur «Father & Sons», Jake délivre ici un répertoire plus traditionnel, mais attention, traditionnel ne signifie pas langueur, copie servile, nostalgie ou manque d’idée. Par traditionnel nous entendons plus un retour aux racines du rock n roll. « Downtown Memphis » propose quatre titres gravés en octobre 2014 figurant sur son précédent EP: « Babe, Babe, Baby », « Blue Moon Of Kentucky » parfaite fusion de la version originale de Bill Monroe & his Bluegrass Boys et des covers de Presley et des Stanley Brothers, « Lovin’Heart » et « That’s All Right », standard d’Arthur Crudup popularisé par Elvis et Marty Robbins. Les critiques élogieuses de cet EP ont peut être conduit le chanteur à pousser la chansonnette un peu plus loin ?
En juin 2015, le groupe retournait à Memphis avec une reprise et huit compositions dans ses bagages. « Turn Me Loose » ouvre les hostilités et place d’emblée l’opus sur un piédestal avec la présence de Jimmy Van Eaton (batteur emblématique du label Sun puis des écuries Hi, Fernwood et Pepper) aux baguettes. Histoire de laisser reposer les accus, Jake distille « To Love Away », une ballade hillbilly mid tempo qui finit par vous engourdir la tête. « Downtown Memphis » qui donne son titre à l’album, pourrait sortir tout droit d’un single de Billy Lee Riley, du rock n roll parfaitement tempéré. Jake adoucit le « Trouble Bond », titre Sun de Riley. Place à deux rock n roll énergiques avec « I’m Real Cool Cat » et « Be Mine Baby ». On pourrait croire que «Plans Of Love» sort tout droit des studios de Norman Petty avec cette compo d’influence Buddy Holly. Petite rupture avec « You Killing Me », un mid tempo qui évoque les Everly Brothers. Dernière composition avec « When The Pretty Girl Bop » un rock n roll avec un Christophe Gillet aussi aérien qu’efficace. La dernière plage est une interview de 2 minutes 20 de Jimmy Van Eaton qui évoque humblement sa carrière. Une idée judicieuse que cet hommage à ce grand batteur.
On aurait aimé que Jake oriente la discussion sur la formation de gospel The Seekers dans laquelle joua Jimmy, mais l’occasion ne s’y prêtait peut être pas. Avec ce nouvel opus, Jake Calypso & His Red Hot font feu de tout bois. Les fidèles accompagnateurs placent leur leader sur orbite, le chant, plus conventionnel est sans effet de yodel et le répertoire s’annonce carré, voir blindé. Pas étonnant que l’album passe sur les radios du Tennessee !
Le Kingbee
parue dans le n°42 de la revue

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