I’M BACK IN BAY CAR BLUES

Dix ans après ma dernière venue, j’ai de nouveau posé la santiag, sur un festival qui m’était cher. Depuis dix ans beaucoup de choses ont changées. Le Spring Blues d Ecaussinnes s’est malheureusement éteint. Blues Passion a vendu son âme aux sponsors. Une éclipse de Vache de Blues nous a fait craindre le pire! Ouf,  le Vache de Blues renait  » In Schu » à Tétange au Luxembourg les 1 & 2 Décembre 2017.  Bay Car Blues a vacillé. Mais, depuis cinq ans déjà, une soixantaine de bénévoles ultras motivés et une programmation, aussi habile que rare,  le soigne de ses blessures. Sans renier son glorieux passé, avec sa nouvelle équipe, Bay Car Blues a réunit dans une même salle, une grande partie de la famille blues internationale, et choyé un public de fidèles de plus en plus nombreux. Deux soirées de retrouvailles remplie d’émotions et de pur bonheur, ou même ses enfants les plus rebelles et les plus turbulents étaient de la partie, puisque j’y étais! J’y ai croisé pratiquement toute la presse blues spécialisé française et européenne. Une grande messe bleue, orchestrée par un Dominique Floch, qui ancre la programmation autour d’une solide architecture musicale. En habitué des festivals, Dom connait sa partition sur le bout des doigts, et reste un des moteurs de cette belle machine. L’affiche, représentant à elle seule 70% de la fréquentation d’un événement de ce genre. Et croyez moi, l’affiche était alléchante et variée. Du blues rock, du West Coast swing, du Chicago blues, du Memphis blues, du Texas blues, du blues français. La plupart des tendances de la musique bleue étaient représentées, à Grande Synthe, en ce 3 & 4 novembre 2017.

On démarre avec un band polonais : Band On Blues qui mixe blues acoustique et électrique, sur une trame très blues rock. Coqueluche des Festivals européens, ce trio envoi du lourd.  C’est ensuite, Archie Lee Hooker, vague neveu du tant regretté John Lee, et notre Jake Calypso de Béthune qui s’y collent. Un bon gig qui ne me laissera pas de souvenirs impérissables. Un show à l’humeur remuante et dansante, ou le mojo, le devil et le voodoo maraudaient autour d’un cœur de cible : John Lee Hooker. Archie imitant pratiquement tous les gestes de son illustre oncle. Hervé Loison (Jack Calypso) pourtant assez à l’aise pour l’exercice, imposait le rythme avec ferveur, mais a la longue, l’exercice  devenait un peu laborieux et un tantinet récursif à mon gout. John Lee Hooker a tellement laissé d’héritiers potentiels, que je ne peux ici, certifier de l’authenticité du bonhomme. L’assistance a généreusement apprécié, et élue ce moment coup de cœur du public. Les inter-scènes étaient assurées par un duo local de guitares Heckle & Jeckle. Clément Martin et Victor Doyen diffusent leur blues en électro-acoustique, le plus souvent dans les bars de la région.  Un blues minimaliste et rural, un chant bien senti, quelques bons phrasés, une ambiance bonne enfant et un visuel. Le tout rehaussé par la présence aux percussions de Stéphane Wils l’ex batteur du regretté Without. C’est Nicolas Duportal & His Rhythm Dudes qui prend la suite. Depuis de nombreuses années son style fougueux, sa dextérité et sa guitare vivace et prolifique lui ont façonnés un nom. Il est des guitaristes de blues le plus en vue, tant en Europe qu’aux Etats Unis. Pour preuve le label californien Delta Groove, qui n’est pas en manque de pointures, a fait appel à lui, pour un titre sur un album de la crème du blues californien. Ce soir, Nico joue a domicile, et son reeling’n rockin’ soulful blues fait mouche. Il est « at home »! Derrière lui, l’un des meilleurs bassistes contrebassistes blues de France, Thibault Chopin décontracté et précis. Deux cuivres connaissant bien leur affaire, Olivier Cantrelle le pianiste, et Pascal Mucci aux baguettes. Nico véhicule une énergie abondante, et envoi des grilles de guitare inspirées. Par moment, il semble un peu déçu, le public ne réagissant pas tant qu’espéré, mais qu’importe …  Nicolas a un as dans la manche, une botte secrète, une surprise! Dans ses valises se cache le créateur du blues en français Benoit Blue Boy pas prévu sur l’affiche. Cet inventif auteur compositeur, à la gouaille bien connue, aux chansons ciselées et jubilatoires, était en tournée avec le Nico et son Band. La tournée s’arrêtait la veille, mais pour le plaisir, Benoit est venu jusqu’au Haut de France, c’était la cerise sur ce plateau. Ses Chansons colorées, et sa musique sautillante enluminèrent un show, déjà bien qualitatif. BBB nous présente: A Boire et a Manger à Saint Germain des Prés, son dernier 25 cm vinyle.

Archie Hooker

photo Joel Bizon

Nico Duportal

Benoit Blue Boy

Deitra Farr

Matthew Skoller

 

 

 

Sa petite salade n’a pas eu besoin de mayonnaise pour faire monter la sauce. Pendant une quarantaine de minute, on s’est délecté de son hommage aux musiciens de Jazz qu’étaient Moustache, Mac Kac et Jean Pierre Sasson, qui en 56 ont enregistrés les prémices du rock and roll en Français. Ces petites histoires simples de la vie, que l’ont retrouvent dans les textes de Benoit Blue Boy, nous touchent tous, forcément toute la salle était ravie! Ensuite, c’est une bourrasque de la Windy City qui a soufflé sur le palais du littoral. Chicago Wind formé pour l’occasion, et venu spécialement de Chicago. Deux artistes significatifs de la scène de Chicago. Deitra Farr, impériale ultra récompensée, nous a montré ce que donner de la voix voulait dire. Un florilège de perles telles : « Thank You For Leaving Me « , ou:  » My turn My time « , voir :  » Watling for The Blues » et d’autres cantates tirées de ses dernières productions. Pour Matthew Skoller quelques extraits de Blues Immigrant son dernier jet, d’autres pièces puisées dans Still I Rise, album enregistré avec l’Héritage Blues Orchestra. Avec un band d’accompagnement de haut vol, Farr et Skoller ont mélangés tradition et Chicago blues moderne avec brio….

La suite de ce compte rendu dans le numéro 48 de la revue…
photos & texte Joel Bizon

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