HUDSON MAKER

CRAZY TRAIN
AUTOPRODUIT

New Album

Si le titre de cet album fait référence au chemin de fer, le nom du groupe s’avère plus aquatique, l’Hudson étant le fleuve frontière entre New York et le New Jersey. Mais l’une des thématiques privilégiée dans le domaine du Hillbilly et du Rockabilly demeure la voiture. Le nom de groupe de cette formation rennaise fondée en 2012 nous oriente vers la célèbre marque automobile Hudson, créatrice des célèbres Pacemaker et Hornet, véhicules reconnaissables par leur plancher surbaissé et une ligne effilée. Certains modèles Hudson apparaissent dans de grands classiques du cinéma (« Les Raisins De La Colère », « Miss Daisy Et Son Chauffeur », et le dessin animé « Car »). Le parallèle entre le train et la voiture demeure le voyage, et Hudson Maker nous invite à une virée à travers les States. Les membres du trio viennent d’horizons différents : le guitariste Alban (ex Sky Rocket) vient du bluegrass, le contrebassiste Tof (ex membre d’Orville Brody & The Goodfellas) du cow-punk tandis que Francky a fait ses gammes dans le Hard Rock Metal. De ces trois registres apparemment sans lien, les trois protagonistes parviennent à créer une fusion où Rockab, Hillbilly et Western s’emboitent remarquablement. Les Hudson Maker proposent une intéressante palette d’originaux : en ouverture, « Honky Tonk Rythms » pose de solides fondations entre tonk roll et western rock. Le shuffle « Crazy Train » démarre non pas avec des pelletées de charbons mais à coup de baguettes, tandis que l’instrumental « Dexter » renvoie carrément vers The Slew Foot Five de Grady Martin. « Every Day You Need » conjugue hillbilly et rockab, « Oh! Baby » diffuse des accents cashiens. «Me I Like», « Forty Six » et l’humoristique « There Are Days Like This » distillent un respectueux canevas mêlant hillbilly et rock. Au rayon des reprises, le groupe adresse un bon clin d’œil à Carl Perkins avec « Matchbox », s’attaque au classique western « Ghost Rider » œuvre d’Alan Jones popularisé par Burl Ives en 1949, le chant velouté apporte une intensité montant crescendo. Si le trio demeure ancré dans un répertoire et une sonorité révérencieuse, il ne reste pas figé dans des codes rébarbatifs et s’offre deux frasques bienvenues : « Devil’s Rendez-Vous » une adaptation neo rockab d’U.D.O., formation de l’ancien leader d’Accept, groupe de metal speed. Cerise sur le gâteau avec «Tornados», une reprise des Jiants gravée en 59 pour le label d’Indianapolis Claudra, délivrée en cow punk festif et entrainant. Une section rythmique efficace, une guitare capable d’envolées flamboyante, un chant crédible, des morceaux qui ne s’éternisent pas pour mourir à petit feu et un répertoire tonk roll varié et évolutif font de «Crazy Train» une bonne surprise. Histoire de ne pas paraitre trop partial, l’album aurait mérité quelques minutes supplémentaires. Ce trio doit faire fureur sur scène, une bonne trouvaille du label breton Beast Records.
Le Kingbee
parue dans le n°42

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