ERNEST JAMES ZYDECO

AUTOMATIC HARVESTER
JAM RAT RECORDS

ernest james zydeco automaticBon chanteur, bon guitariste, bon claviériste et excellent songwriter, Ernest James zydeco est surtout un petit prodige de l’accordéon. Installé à Kansas City depuis une dizaine d’années, cet énergumène avait fait l’objet d’une interview dans un numéro précédent. Auteur d’une discographie débutée en 2009 avec « Jubilee », « Roots Rocket Radio», il aura fallu qu’un confrère me recommande l’album « 3 Steps From La La » sorti en 2012 pour que je parte à la chasse de cet accordéoniste. Il faut dire que les pochettes des deux premiers albums n’avaient pas retenu mon attention. Le second album représentait un hurluberlu jouant de l’accordéon dans un vaisseau spatial … cela ne faisait pas très sérieux. Mais qui a dit que la musique devait être sérieuse ? Mes détestables préjugés en prirent pour leur grade lorsqu’en 2012 je découvris « 3 Steps From La La », un album mêlant Zydeco et Blues fortement recommandable, peut être l’un des meilleurs de la dernière décennie en matière de zydeco. Comme le dit la chanson : « You Can’t Judge A Book By Its Cover » (Willie Dixon), fermons la parenthèse ! Ce nouvel opus pourrait se résumer par son titre, traduisible par Moissonneuse Automatique. Dès la première écoute, vous vous retrouvez happé archi menu pour finir transformé en vulgaire botte de foin bien compactée. Les cinq membres du band jouent ensemble depuis pas mal de temps, d’où une cohésion parfaite et une complicité évidente. Au niveau de la composition, Ernest James et Jaisson Taylor délivrent le scénario parfait, avec des retournements de situation qui ne laissent guère respirer l’auditeur, sans oublier des bonnes petites trouvailles comme cette section cuivre ou le violon de Betse Ellis.
Si l’accordéon tient le premier rôle, chaque instrument participe à cette débauche de rythmes variés. La section rythmique (Jaisson Taylor à la batterie et aux percussions et Mike Stover à la basse) pose de solides fondations mais le répertoire ne reste pas figé. Tony Lacroix assène quelques solos de guitares aussi aériens que délicats tandis que Barry Barnes au frottoir apporte une touche festive et louisianaise à l’ensemble. Le répertoire propose un dangereux éclectisme qui se termine en fusion. Attention risque de brulures ! Le Zydeco, extrêmement inventif et novateur, sert bien évidemment de fil rouge avec « Automatic », « Knock Me Over With A Feather », « Cry Baby » (avec son intro mi soul mi doo-wop et passage de steel guitar), « Eh Catin (Oh Sweetheart) », «Tough Times Waltz» (une fausse valse lente déjantée avec banjo, dobro et accordéon), « Keeps Me Rolling », « Foolish Fool » (une vraie valse lente) et « Whoa Bye » (avec une démonstration d’accordéon et de batterie). Le EJZ Band s’offre une petite incursion dans le Blues avec « Bulldog », un slide blues bien crasseux, « Jack Ride, Jimmy Roll » un folk blues alternatif mélancolique qui permet de laisser reposer les soupapes. Mention au cuivré et funky « YJ’s », un délire entre parade Nola et mardi gras. Avis aux programmateurs, l’année passée Ernest James Zydeco s’est produit en Hollande où le groupe a cassé la baraque. CD disponible sur cdbaby et fortement conseillé. A ranger entre Horace Trahan et Zydeco Dots.
Le Kingbee
chronique parue dans le n°42 de la revue

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