ERIC JOHNSON

EJ 
MASCOT PROVOGUE

Eric Johnson, le célèbre guitar-hero réputé pour son insatiable recherche de perfection, défenseur du matériel (révisé), pour approcher son idéal sonique. Ce maître de la Stratocaster s’est fendu d’un disque 100% acoustique. Jouant du piano, de la guitare, chantant à l’occasion et produisant. Lorsqu’il n’est pas le seul intervenant, probablement par crainte d’une relative aridité, quelques vieux compères sont venus lui prêter main-forte, mais tout en discrétion et retenue. Des amis tels que Tommy Taylor, Wayne Salzmann, Roscoe Beck et Chris Marsh. Ainsi que Molly Emerman pour une saisissante intervention au violon, John Hagen au violoncelle et Doyle Dykes à la guitare (pour « The World is Waiting for the Sunshine » de Les Paul et Mary Paul). Un disque sobre, frais, intime, épuré, naturellement boisé … et d’une réelle beauté. La voix fragile d’Eric trouve ici un écrin idéal, bien mieux adapté que sur ses pièces électriques.  Loin de lasser avec ces treize morceaux, « EJ » maintient l’auditeur dans la sérénité,  l’apaisement,  et une forme de bien être du début à la fin. Un peu comme s’il ouvrait une porte sur un subconscient préservé des maux de la vie et du stress quotidien. Outre l’intro avec une version instrumentale de « Mrs. Robinson » époustouflante et assez énergique, Eric joue avec des ambiances introspectives, tantôt nostalgiques, généralement apaisées, toujours sincèrement empreintes d’âme, de pureté et de force vitale. Ce qui donne à cet album quelque chose d’insondable qui nous ressource avec ménagement. Pourrait-on aller jusqu’à dire qu’il ouvre les consciences ? Même la version du « One Rainy Wish » d’Hendrix, qu’il jouait déjà en électrique lors du Experience Hendrix Tour, est revisité pour un voyage acoustique. Contre toute attente, Eric Johnson a lâché son pedal-board pour se recentrer sur l’essentiel, et réaliser là un grand disque. Incontestablement un de ses meilleurs, et un des plus beaux de l’année 2016. Un disque inusable, qui n’a pas d’âge, et surtout pas d’étiquette, et qui peut se targuer de plus d’être profondément humain.
BB
paru dans le n° 46 de la revue

 

 

 

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