AWEK

It’s Rollin’
Mosaic Music Distribution

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Le blues Français se porte vraiment bien, c’est en tout cas ce que nous démontre le quartet toulousain Awek avec ce septième et nouvel album. Awek est un cas à part de la scène blues hexagonale mais aussi internationale, où il est unanimement reconnu pour ses compositions originales et un feeling très personnel qui véhicule une belle énergie. D’emblée la magnifique pochette de Denis Chobelet séduit par son travail très précis et ces clichés volontairement décalés; ambiance aquatique garantie. Une superbe sérigraphie représentant un sas sur le cd vient parachever ce très bel ouvrage. On ne change pas une formule gagnante, aussi Awek a choisi à nouveau d’enregistrer cet opus au studio de Stuart Sullivan à Austin, qui avait été très apprécié lors de la création du dernier album. Nico Leophonte assure la production et a fait appel au technicien Jim Wilson, c’est également un choix judicieux pour ce blues qui puise son inspiration dans la tradition et le vintage, à titre d’exemple de vieux amplis ont été utilisés et apportent beaucoup d’authenticité au son. Cet environnement américain est d’autant plus propice à la création que nos toulousains ont su s’entourer de véritables ténors du blues: Fred Kaplan au piano et à l’orgue B3, Derek O’Brien à la guitare, Al Gomez Junior à la trompette et le très bon Mark Kazanoff aux saxos. Dès le début de l’album le ton est donné : « It’s Rollin’ » (ça tourne) et nous sommes partis pour une heure de swing, de bonne humeur et d’émulation, un groupe à la technique bien huilée. « Let’s Rock » un rockabilly classique à la Bill Haley, «You Think », «Looking for you Pretty Mama» ou encore «Walter’s Mood» sont les archétypes du bon vieux rock entraînant et savamment orchestré où guitare et harmonica se répondent avec punch. Ce qui est remarquable dans cet album c’est la qualité de l’ensemble des instrumentistes, la rythmique expressive à l’orgue B3 de «Mind your Step», le piano magnifiquement plaintif de «I Cry All Day Long» ou très rythmé de «My Sleepy Girl» ou encore le saxophone sensuel et jazzy de «Play with me». Les balades baignées de feeling «Hush your Mouth», «Telephone Blues» et «If I Had to Tell you» contrebalancent l’ambiance très rock’n roll du CD et apportent un équilibre et une complémentarité bien venus. A l’écoute de « It‘s rollin’ » on comprend vite pourquoi Awek remporte un tel succès auprès du public, des chroniqueurs et même de grand maître tel que B.B. King. Le guitariste chanteur Bernard Sellam exulte avec sa voix chaude et son jeu de guitare subtil, Stéphane Bertolino et son harmonica omniprésent déplace des montagnes, Joël Ferron et sa basse bien carrée apporte avec le percussionniste Olivier Trebel un swing et une chaleur de bonne aloi. Ce nouvel album d’Awek marque une orientation de leur style Chicago Blues vers une musique plus côte ouest et qui est très inspirée de grands standards du genre, tout en faisant preuve d’une belle personnalité. Il est indéniable que ces talentueux Toulousains n’ont pas fini de faire parler d’eux tant sur scène que pour leurs dynamiques et passionnants enregistrements.
Christophe Aïoun
publié dans le n° 21 de la revue

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