APOCALYPSE BLUES REVUE

MASCOT LABEL GROUP

Ce tout nouveau groupe a été fondé par Shannon Larkin et Tony Rombola, respectivement batteur et guitariste du groupe de heavy métal américain Godsmark, 20 millions d’albums écoulés et record du nombre de singles classés au Billboard 200 pour un groupe de rock. C’est au cours d’une jam qu’ils se sont rendu compte de leur envie commune de jouer le blues et de créer ce projet parallèle. Pour compléter le line-up ils recrutent le chanteur Ray « Rafer John » Cerbone, rencontré dans un bar de bikers, et le bassiste Brian Carpenter, repéré lors d’un concours de talents sur une radio. Ils se mettent vite au travail et envoient une démo de « Devil in me » à des labels, c’est Mascot Records qui les signe fin 2015. Entrés en studio en Février 2016 ils mettent ces 12 titres en boite en 9 jours. Évidement avec le pedigree des 2 compères de Godsmark -groupe qui ne fait pas dans la dentelle- il faut s’attendre à du blues plutôt musclé, écoutons Rombola à ce sujet « Il y a toujours eu du blues dans mon jeu, cela vient de Hendrix, Led Zep ou ACDC, puis je suis allé vers des gars comme Stevie Ray Vaughan ou Eric Gales. Nous avons essayé de mixer blues traditionnel et éléments heavy »; Shannon renchérit: « Proche du blues, ABR est un peu plus heavy, un peu plus sombre, avec une punk attitude dans les textes, nous voulions faire quelque chose de profond qui provoque la réflexion ». Effectivement les textes sont assez sombres, centrés autour du « devil » (diable) ou « evil » (le mal). Comme dans « Evil is as evil does », peinture des maux de ce monde sur un blues rock texan à la Stevie Ray Vaughan mâtiné de parfums southern et riche en guitares. « Junkie hell »est un deep heavy blues glauque et malsain comme un mauvais trip pour évoquer les ravages de l’addiction à la drogue. Le morceau de roi maintenant avec « Devil plays a Stratocaster » qui est un clin d’œil au célèbre « The devil went down in Georgia »du Charlie Daniels Band, un mid tempo qui s’énerve porté par une wah wah pleurante et un beat plombé, et un beau texte sur un gus qui rentre dans un bar avec sa Les Paul et affronte en riffs le diable armé d’une Strato… La voix de Cerbone prend parfois des accents à la Jack Bruce, d’ailleurs Cream me semble clairement une inspiration pour eux. Une petite pause jazzy/ blues avec « I think not » puis rockab/surf avec « Whiskey in my coffee »avant retour au heavy blues sur « The tower » qui voit Eric Gales venu en guest star délivrer quelques solos incandescents. De la suite je retiendrai le second temps fort de l’album « Blues are fallin’ from the sky », blues écrit par Shannon par un petit matin de tournée en Australie avec Godsmark. Gueule de bois, solitude loin de la famille, la flotte qui tombe, et tout ce blues qui semble tomber du ciel sous la guitare pleurante de Rombola, un grand titre tout simplement. Pour clôturer, la seule reprise, « Music’s over » des Doors, mise à la sauce ABR, pas étonnant puisque c’est un groupe de référence pour le quatuor: « We all love the Doors » nous disent-ils. C’était déjà perceptible mais c’est flagrant ici, la voix de Cerbone évoque souvent Jim Morrison. Voilà une galette qui m’a emballé mais attention toutefois, pour l’apprécier il faut avoir à la fois un cœur de hard rocker et l’âme d’un bluesman. Ce projet est à rapprocher d’un autre du genre dans les années 90: LA Blues Authority avec des hardos comme Zakk Wylde, Ritchie Kotzen, James Kotak et comblera les fans de Gary Moore, Pat Travers, Rose Tattoo ou autres navigateurs à la frontière du blues rock et du hard.

Rockin JL

Paru dans le n°45 de la revue

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